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Les Derniers Jours de l'Apesanteur / Fabrice Caro

 

Sting ou Supertramp ? Joy Division ou Michel Sardou ? Au moment de passer le bac, Daniel, et surtout son pote Justin, sont en pleine crise existentielle. Comment séduire les filles du lycée ? Leur déposer adroitement en main propre une cassette des meilleurs tubes de Supertramp comme l’imagine Justin, quitte à se tromper et à foirer son enregistrement ? Ou se languir comme Daniel pour Cathy Mourier, son ex, en se repassant le film des baisers chastes mais quand même langoureux échangés sur le lit de sa chambre, avant que sa mère ne débarque - comme par hasard - pour ranger urgemment du linge ? Dans Les Derniers Jours de l'Apesanteur, il n'y a pas de grande histoire, mais des petites histoires, celles de l'adolescence et de ses tourments infinis, de ses questionnements sans fin. Il y a les soirées avant bac où on boit (trop !) de l'alcool, on flirte sans en avoir l'air, on espère une vie avec un grand V qui va démarrer, et l'on y sent aussi la fin d'une sorte de parenthèse enchantée... Il y a les cours de mathématiques donnés pour gagner de l'argent de poche, qui débouchent sur de drôles d'expériences, si vous considérez que se retrouver la tête coincée entre deux seins et vigoureusement frottée est une expérience... Il y a aussi ce temps suspendu, mais magique de l’adolescence, avant d'entrer dans le grand monde, celui des adultes.   

 

... ET C'EST COMMENT ?

 

Sans faire d'effets de manche, avec beaucoup de simplicité mais aussi d'efficacité, Fabrice Caro (auteur par ailleurs de bandes dessinées comme Zaï zaï zaï zaï, et dont c’est le 7ème roman) entraîne son lecteur/sa lectrice dans la tête de son protagoniste principal. Le récit - court - à la première personne est touchant le plus souvent, traversé de fulgurances, poétique parfois, mais aussi hilarant dans certains passages. Tout est finement observé. Rien n’est souligné de façon artificielle. Surtout, le récit touche à l'universel. Finalement, on a tous un peu de Daniel, le lycéen pas trop sûr de lui, en nous.

 

Frédérick Rapilly

Cote d'amour = 60 %

Roman. Sygne / Gallimard 217 pages

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