Michel Houellebecq / Sérotonine
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... C'EST QUOI L'HISTOIRE ?
Le mec s'appelle Florent-Claude (franchement aucune importance même si l'auteur s'arrête sur la question quelques lignes). Son problème ? Sa compagne actuelle, Yuzu, une Japonaise ultra-apprêtée, ultra-maquillée, vit dans le même appartement, quelque part dans les hauteurs d'un tour parisienne avec une vue splendide. Le narrateur ne supporte plus sa présence (Pourquoi ? Ce n'est pas vraiment expliqué, plutôt un inconfort qu'une impossibilité), et par flemme ou par lâcheté, après avoir un temps envisagé un meurtre, FC décide de disparaître laissant Yuzu seule dans leur logement avec en point de mire son retour obligé (faute d'argent) au pays du Soleil-Levant. Ah... Un détail, mais important, FC a de l'argent. Une somme conséquente héritée après la mort de ses parents, qui constitue un joli magot sur son compte en banque. Et voilà que notre héros décide de partir sur les traces de ses amantes anciennes (On dirait presque le dispositif du roman hilarant High Fidelity de Nick Hornsby, ou celui assez proche du film Broken Flowers de Jim Jarmush) à la recherche des traces d'une félicité disparue, avec le vague espoir de la retrouver dans les bras ou plutôt la chatte de Kate, Claire, Camille, etc. Mais sa lente Odyssée, comme un voyage de retour à ses années où le personnage était heureux, prend une direction inattendue quand il reprend contact avec Aymeric, un pote de promo en école d'agriculture, devenu éleveur en Normandie. C'est là que tout bascule...
... ET C'EST COMMENT ?
Comment dire ? Comment l'écrire ? A un moment dans ma lecture, passé la séquence masturbation, puis naturiste, puis échangiste, puis zoophile, puis pédophile, je me suis demandé si ce n'était pas un clone de Michel Houellebecq qui était parti en free-style avec l'idée d'écrire un livre comme... Une parodie quoi. Entre un petit coup de griffe assumé à Christine Angot (dont le narrateur n'a pu lire que 5/6 pages), un hommage aux centres E. Leclerc (et aux Carrefour Market), un début "torride" qui évoque La Possibilité d'une Ile, et des réflexions déjà lues sur la décadence du mâle occidental, on parle beaucoup de chattes, de "milliards" de chattes disponibles (selon le narrateur), mais l'intrigue a littéralement ni queue(s) ni tête(s). On s'agace, on tourne les pages, on s'arrête sur un passage, on survole et on arrive à la fin. Même pas étonné. Surtout soulagé.
A moins, que ce Sérotonine qui aurait aussi bien pu s'appeler Mélatonine, tant le personnage principal, largué est en jetlag avec le reste de l'Humanité, ne soit qu'une blague organisé par un auteur facétieux. Qui mieux que Michel Houellebecq pour, en effet, s'auto-parodier. Après Soumission, une vraie déception.
Frédérick Rapilly
Cote d'amour = 30 %
ROMAN. Sérotonine, Edition Flammarion, 347 pages, 22 E

