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Thrillermaniac

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Ce blog est consacré aux polars, thrillers et romans noirs, français ou étrangers. Je publie aussi régulièrement des interviews d'auteurs. Coups de coeur, et parfois (c'est rare !), coups d'aigreur. N'hésitez pas à me laisser des commentaires ! ;-)


Interview/Tim Kring... Après la série « Heroes », il se lance dans le thriller d’anticipation

Publié par thrillermaniac sur 7 Mars 2011, 00:50am

Catégories : #Thriller

 

tim kring

Le scénariste Tim Kring, créateur de la série phénomène « Heroes » (diffusée en France sur TF1, puis Sy Fy) sort en France son premier roman, « La Porte d’Orphée » co-écrit avec Dale Peck (« La Dérivante », « Body Surfing »…). Une « Uchronie » ou évocation imaginaire sur le thème de : « Et si ? » En octobre 1963, quelques jours avant l’assassinat du Président John Fitzgerald Kennedy, un certain Chandler Forrestal est choisi comme cobaye par la CIA pour une expérience parapsychique destinée à tester les effets du LSD. Avec ce point de départ, Tim Kring développe un récit complexe où un jeune homme ordinaire se retrouve transformé en arme malgré lui, pourchassé à la fois par des agents du gouvernement et des membres de la mafia.

 

Comment vous est venue l’idée original de ce roman ?

 

Je voulais relater une histoire parallèle de l’Histoire avec un grand H, quelque chose qui soit en relation avec les assassinats des différents Kennedy (John Fitzgerald en 1963, Robert en 1968), et traite du thème de la conspiration. J’ai fait des recherches assez poussées sur cette partie de l’histoire contemporaine et américaine, en m’intéressant aux archives de la CIA. Et j’ai découvert l’existence d’un programme longtemps « top secret » (MKULTRA) sur des expérimentations à grande échelle sur les effets du LSD pendant la Guerre Froide, dès le milieu des années 50.

 

Qu’est-ce qui vous a surpris ?

 

Le nombre de personnes qui ont été impliquées. Plus de 120 000 étudiants, soldats et prisonniers ont servi de cobayes, le plus souvent à leur insu. Ce programme s’est prolongé jusqu’à la fin des années 70, avant qu’il ne soit déclassifié et rendu plus ou moins publique. Il tentait de découvrir si les hommes pouvaient développer des capacités extra-psychiques grâce à l’utilisation de drogues comme le LSD.

 

Est-ce que « La Porte d’Orphée » a été imaginée au départ pour devenir un jour une série télé ?

 

Pas vraiment. Il y a eu une grève de scénaristes à Hollywood en 2007 et 2008. Mon agent m’avait déjà fait savoir que si j’avais une idée de roman, il aurait des éditeurs intéressés mais j’étais alors beaucoup trop occupé sur le développement de la série « Heroes » que diffusait NBC aux Etats-Unis (La première saison a rassemblé près de 15 millions de téléspectateurs). Quand la grève s’est prolongée, je me suis retrouvé désoeuvré sans savoir combien de temps, elle allait durer. Je me suis alors mis à travailler sur cette idée de roman.

 

Vous l’avez co-écrit avec Dale Peck. Pour quelles raisons ?

 

Dale Peck est un écrivain. Moi, je suis un scénariste. J’avais besoin de quelqu’un pour m’aider à mettre mes idées en forme, et rendre mon écriture plus fluide, plus adaptée au format livre. Nous avons travaillé ensemble, en collaborant à toutes les étapes pendant deux ans.

 

Anthony E. Zuiker, le créateur de la série « Les Experts » a aussi co-écrit deux romans. Une trilogie est prévue. Est-ce qu’il y aura une suite à « La Porte d’Orphée » ?

 

Une trilogie ? Je ne crois pas. Mais une suite, certainement. Je prépare aussi une adaptation pour le cinéma de « La Porte d’Orphée. » Je pense que le livre a suffisamment d’impact pour être porté sur grand écran.

 

Vous êtes né en 1957. Quels souvenirs gardez-vous de l’annonce de l’assassinat du Président Kennedy en 1963 ?

 

J’avais 7 ans. C’est un souvenir très fort pour moi, et tous les gens de ma génération. J’étais à l’école, et c’était l’heure du déjeuner. Je vivais dans le nord de la Californie. Dans le haut-parleur du bus, il y a eu une annonce. Je me rappelle que l’école a été fermée, et que je suis rentré en marchant dans la rue. Les gens ne disaient rien. Comme s’ils avaient été frappés par quelque chose d’incroyable. Pour moi, cet assassinat a marqué le passage de la société américaine de l’ère de l’innocence à celle du cynisme. Après 1963, les teenagers dont je faisais partie n’ont plus jamais été les mêmes. La mode a changé, la façon de s’habiller, et surtout de se comporter.

 

Est-ce que cet événement politique a  aussi indirectement transformé votre vie ?

 

D’une certaine façon, oui. Je me souviens des séries télévisées que je regardais et des comics que je feuilletais où les héros avaient ces superpouvoirs, et sauvaient l’Amérique de tous les dangers. Après 1963, tout à changé. Finalement avec la série « Heroes », j’ai raconté une autre Amérique, multiethnique, avec des points de vue différents. À l’inverse de l’image de l’Amérique blanche, dominatrice, sûre d’elle qui a longtemps été véhiculée dans le monde. Nous sommes aujourd’hui une nation composée de blancs, de blacks, d’hispaniques… Et c’est ce que visait à montrer « Heroes », avec la montée de problématiques qui sont globales. Nous ne pouvons plus croire que nous vivons chacun dans notre coin.

 

Quelle est la série qui vous a le plus marqué quand vous étiez adolescent ?

 

Celle qui m’a laissé le plus de traces, c’est « La 4e Dimension », l’ancêtre en quelque sorte de « X-Files. »

 

En mai 2010, après 77 épisodes diffusés, la chaîne NBC a annoncé qu’elle ne renouvellerait pas la série « Heroes. » Les fans ont été déçus. Est-ce vraiment la fin ?

 

Non, car « Heroes » est un univers trans-média, beaucoup plus qu’une série télé. Elle s’est déclinée sous forme d’une série sur le Net (« Heroes Evolution »), de comics, de plates-formes numériques, d’épisodes destinés aux téléphones mobiles… Elle a aussi été en 2010, la deuxième série la plus téléchargée au monde. D’une façon ou d’une autre, « Heroes » va ressusciter… Je suis en discussion avec le réseau ComCast, qui est le premier câblo-opérateur aux Etats-Unis.

 

Et si vous aviez un seul superpouvoir de vos « Heroes », lequel aimeriez-vous posséder ?

 

Je travaille sur tellement de projets que j’aimerais pouvoir être à trois endroits en même temps. Et je voudrais aussi pouvoir voyager dans le temps.

 

Et en attendant la résurrection de « Heroes » ?

 

Je travaille sur le pilote de Touch pour la chaîne Fox, une série fantastique sur un homme (Kiefer Sutherland) qui découvre que son fils autiste peut prédire l’avenir.

 

Et si vous pouviez développer une série, n’importe laquelle. À quelle période aigre vous intéresser ?

 

J’adorerais faire un western, raconter le Far West. Quel étranger ce devrait être. Il s’agissait d’un endroit où chacun était censé être libre, et c’est là que s’est en grande partie construit l’esprit de l’Amérique d’aujourd’hui. Voilà, j’aimerais créer une série qui raconterait comment le Far West aurait vraiment du être, et comment l’Amérique aurait tourné si l’esprit de liberté des pionniers avait été conservé.

 

 Interview Frédérick Rapilly

 

 

La-Porte-d-Orphee.jpg

* « La Porte d’Orphée » (Michel Lafon, 433 pages, 19 E) 

 


 

 

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