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Thrillermaniac

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Ce blog est consacré aux polars, thrillers et romans noirs, français ou étrangers. Je publie aussi régulièrement des interviews d'auteurs. Coups de coeur, et parfois (c'est rare !), coups d'aigreur. N'hésitez pas à me laisser des commentaires ! ;-)


David S. Khara « Mon maître absolu ? Dennis Lehane... »

Publié par thrillermaniac sur 16 Mai 2011, 01:43am

Catégories : #Polar

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Quelques mois après le succès surprise du « Projet Bleiberg » (Editions Critic) qui s’est déjà vendu à plus de 25 000 exemplaires, le « jeune » écrivain David S. Khara fait de nouveau parler de lui avec la (re) sortie le 19 mai de son tout premier roman « Les Vestiges de l’Aube » (Editions Michel Lafon). Une version 2.0 qui devrait ravir les fans de l’auteur rennais. L’histoire en quelques mots : Werner Von Lowinsky, un vampire centenaire, se prend d’amitié via Internet avec Barry Donovan, un policier new yorkais meurtri par les attentats du 11 septembre. Celui-ci est chargé de résoudre une inquiétante série de crimes qui touchent des hommes puissants au cœur de Manhattan. Werner va décider de s’en mêler… Adoubé par la critique, salué par Gérard Collard de La Griffe Noire comme l’un des nouveaux maîtres du polar, David S. Khara garde la tête froide et se concentre sur l’écriture… Il prépare la suite du « Projet Bleiberg » intitulé « Le Projet Shiro », et réfléchit au tome 2 des « Vestiges… »

 David S. Khara

 

Comment est née l’idée des « Vestiges de l’Aube » ?

 

J’ai d’abord eu l’idée de Werner, un homme qui a perdu son humanité en devenant un vampire, et qui contemple ses contemporains qui reproduisent encore et encore les erreurs du passé. Puis, j’ai imaginé Barry, un flic qui a participé aux opérations de sauvetage du 11 septembre. Il a été confronté à la mort plus qu’il ne l’aurait dû. Il en est profondément marqué. Puis, j’ai imaginé la rencontre entre ces deux personnages qui n’ont rien à voir via Internet. Ils ne sont pas des miroirs, plutôt des êtres qui se complètent. J’ai commencé à écrire ce livre en 2003. Le Web n’était pas encore aussi démocratisé. Les services sociaux tribaux type Meetic Affinity qui ne permettent de ne rencontrer que des gens qui vous ressemblent n’existaient pas encore. Il régnait encore une certaine convivialité, un esprit plus positif sur le Net.

 

Etiez-vous un fan de littérature vampirique ? Vouliez-vous vous inscrire dans cette tradition ?

 

Absolument pas. Je voulais faire tout sauf un roman sur les vampires. En tant que lecteur, je n’aime pas les histoires stéréotypées. Je  ne lis pas spécifiquement de polars, ni de thrillers, ni de littérature vampirique. Je voulais plutôt mélanger ces trois genres avec en filigrane l’Histoire avec un grand H. Dans « Les Vestiges de l’Aube », il est question du 11 septembre, mais aussi de la Guerre de Sécession. Je me suis beaucoup documenté sur cette période. En fait, j’avais lu voilà une vingtaine d’années des livres d’Anne Rice genre « Entretien avec un vampire », mais avant d’écrire, je travaillais, et je dirigeais une entreprise. J’avais donc peu de temps. Je n’avais ainsi jamais entendu parler de « Twilight », et j’ai donc pris presque malgré moi le contre-pied des personnages de vampires qui y sont représentés. Je me suis plus inspiré de films. Je pense notamment à celui que joue Gary Oldman dans « Dracula » de Francis Ford Coppola (1992). Il a basculé du côté du « Mal », mais la frontière avec le « Bien » reste ténue… Dans « Les Vestiges de l’Aube », il n’y a pas deux personnages principaux, mais trois. Outre Werner et Barry, il fait ajouter Manhattan. C’est cette ville, son atmosphère qui a fait que mon livre a basculé du côté du roman noir.

 

Vous êtes-vous rendu sur place pour écrire ?

 

En fait, j’étais à New York, au pied des tours, une semaine avant le 11 septembre. Cela m’a beaucoup marqué. Je suis revenu plusieurs fois pour m’imprégner des atmosphères. Mais c’est l’Histoire qui me passionne. Il y a deux grands évènements qui m’ont particulièrement touché : l’assassinat de Yitzhak Rabbin par un fanatique religieux en 1995 qui m’a amené à écrire « Le Projet Bleiberg », et les attentats du 11 septembre qui m’ont fait imaginer « Les Vestiges de l’Aube. » À chaque fois, j’écris sur la folie des hommes. J’essaie de mettre un peu d’espoir là où règne le désespoir… Mes personnages dans mes romans sont des gens qui se révoltent contre l’inéluctable.

 

Combien de temps avez-vous mis à écrire « Les Vestiges… » ?

 

Au moins sept ans. Mais c’était mon premier livre. Je me suis interrompu. Je l’ai repris. Au départ, j’écrivais sous forme de feuilleton que j’adressais à mes amis sous forme de mail. Ils m’ont encouragé. J’ai fini par en faire une histoire, mais je ne pensais pas un jour être publié. Tout est arrivé grâce à des rencontres.

 

« Les Vestiges de l’Aube » s’achèvent sur une fin qui appelle une suite. Combien de tomes avez-vous prévu ?

 

Trois. Quand j’ai eu fini de l’écrire, j’avais envie de retrouver le personnage de Werner. Ce que j’écris doit me procurer du plaisir. Je pense aux lecteurs, mais aussi à ma satisfaction personnelle.

 

Pouvez-vous déjà révéler quelques éléments sur la suite ?

 

Je ne veux pas trop en dire, mais le personnage de Barry, le policier, va prendre plus d’importance. L’action va aussi changer de côte, et partir à l’Ouest du côté de Los Angeles pour s’intéresser à la famille de Werner, le vampire. Après le polar, j’ai aussi plus envie de développer l’aspect thriller.

 

Le succès du « Projet Bleiberg » vous a amené à travailler sur un scénario avec le réalisateur Alain Berbérian (« La Cité de la Peur », « Paparazzi », « L’Enquête Corse », « Six Pack »…). Est-ce déjà le cas avec « Les Vestiges de l’Aube » qui avaient déjà connu une première sortie chez Rivière Blanche en 2010 ?

 

Cette nouvelle version est déjà en lecture auprès de producteurs d’après ce que je sais. Il intéresse aussi plusieurs pays étrangers, notamment la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, et je travaille sur une adaptation sous forme de bandes dessinées avec Serge Le Tendre, scénariste de « La Quête de l’Oiseau du Temps » et de « Chinaman. »

 

Et si « Les Vestiges de l’Aube » devaient être adapté sur grand écran, avez-vous déjà un casting idéal en tête ?

 

C’est un peu présomptueux, mais je verrai bien l’acteur anglais Benedict Cumberbatch de la série « Sherlock Holmes » (diffusée en France début 2011 sur France 4). Il serait parfait dans le rôle du vampire Werner. Pour Barry, je n’ai pas d’idée préconçue. Un acteur inconnu et talentueux m’irait très bien.

 

Quand vous n’êtes pas en processus d’écriture, quelles sont vos lectures favorites ? Des polars ? Des thrillers ?

 

J’avoue, je lis très peu de polars. Les seuls que j’ai vraiment dévorés, ce sont ceux de Dennis Lehane (« Mystic River », « Gone Baby Gone »…), un maître absolu, et de Roger Ellory (« Seul le Silence », « Vendetta », « Les Anonymes »…) que j’ai connu par ailleurs au moment où j’ai commencé à être publié. J’y retrouve certaines de mes préoccupations sur la mémoire, et la folie des hommes. Sinon, par plaisir, j’ai plutôt tendance à lire ou relire Alexandre Dumas, Eugène Sue, Boris Vian, Pierre Desproges, Albert Camus ou encore Andrée Chédid (mère de Louis, et grand-mère de Mathieu alias M) qui vient de disparaître.

 

Pour « Le Projet Bleiberg », vous aviez donné à vos fans sur Facebook la bande originale des musiques qui vous avaient accompagné pendant l’écriture. Est-ce qu’il en  existe une pour « Les Vestiges de l’Aube » ?

 

Oui, je choisis toujours des musiques pour mes personnages. Pour Werner, j’écoutais sans cesse « Whisper of a Thrill » de Thomas Newman tiré de la bande originale du film « Rencontre avec Joe Black. » Pour Manhattan qui est un personnage à part entière, j’avais en tête « Crosstown Traffic » de Jimi Hendrix. Je me suis promené dans New York avec ce morceau sur mon baladeur MP3.

 

Et Barry ?

 

Et bien, curieusement, je n’avais pas de musique pour lui.

 

 

Propos recueillis par Frédérick Rapilly (mai 2011)

 

 * Les Vestiges de l’Aube, 246 pages, 17,95 E (Editions Michel Lafon) 

 

www.dskhara.com

Et sur Facebook à David S. Khara

 

 

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Oncle Paul 16/05/2011 18:21


Bonjour
J'ai lu et chroniqué les deux ouvrages de D.S. Khara et je l'ai beaucoup aimé. J'attends donc la suite de sa production avec impatience.
Amicalement


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