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Thrillermaniac

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Ce blog est consacré aux polars, thrillers et romans noirs, français ou étrangers. Et parfois aussi séries télé ou films. Je publie aussi régulièrement des interviews d'auteurs. Coups de coeur, et parfois (c'est rare !), coups d'aigreur. N'hésitez pas à me laisser des commentaires ! ;-)


David S. Khara / Le nouveau maître du thriller français

Publié par thrillermaniac sur 19 Octobre 2010, 07:30am

Catégories : #Thriller

 

David S. Khara

Le thriller français s'est trouvé un nouveau maestro

 David S. Khara

 

 

Thriller

David S. Khara, le nouveau maître du noir

 

Quelques jours après sa sortie début octobre aux Editions Critic, Le Projet Bleiberg se classait numéro 1 des ventes sur le site www.amazon.fr tandis que le libraire et critique influent Gérard Collard (chroniqueur à France 5, sur LCI, et sur le blog de la librairie La Griffe Noire…) s’enthousiasmait (« Un des plus grands polars que j’ai lu depuis des années…») sur ce thriller très actuel. Un roman ambitieux où se croisent dans une équipée sauvage et sanglante à travers l’Europe un trader, un agent féminin de la CIA, un tueur pas si maussade du Mossad et de mystérieux poursuivants prêts à tout pour éliminer ce trio dérangeant… Épuisé, le roman a du être retiré de toute urgence pour satisfaire au plus vite la demande des lecteurs * . Rencontre avec l’auteur du Projet Bleiberg, un Rennais, quasi inconnu dans l’univers du thriller…

 

(Voir critique du Projet Bleiberg sur ce blog)

 * 6 000 exemplaires en 2e tirage

 

 Bleiberg

 

Comment est née Le Projet Bleiberg ?

 

David S. Khara : Ce livre a démarré avec une phrase de Winston Churchill : « Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur… » Je suis parti de cette idée que nous constatons tous quotidiennement : une information chasse l’autre de plus en plus vite. Nous sommes continuellement noyés sous un flot d’actualités qui gêne, qui empêche la réflexion. Souvenez-vous des spin doctors de George Bush qui nous moulinaient des « histoires » à tire-larigot entre 2006 et 2007 ! Je pense que si nous nous intéressions plus au passé, nous pourrions mieux comprendre le futur. Quand on y réfléchit, quand on étudie l’Histoire, on ne peut que se rendre à l’évidence… Les chefs nazis étaient des hommes. Ce n’étaient ni des monstres, ni des extra-terrestres. Je crois que nous avons tous cette terrible capacité à devenir des « monstres. » S’intéresser aux horreurs de la Seconde Guerre Mondiale, c’est se donner les outils pour comprendre le monde d’aujourd’hui, et éviter peut-être que cela se reproduise…

 

Vous voulez dire que l’un des « héros » du Projet Bleiberg, le trader Jay Novacek serait un nazi en puissance ?

 

Non. Il est simplement le symbole d’une société actuelle qui consomme et n’apprend rien. En fait, le vrai point de départ du Projet Bleiberg, c’est l’assassinat de Yitzhak Rabin (prix Nobel de la paix en 1994) en 1995, tué par un extrémiste juif. Je m’en souviens, j’étais au volant de ma voiture. J’ai entendu la nouvelle à la radio. Je me suis arrêté. Un juif venait de tuer un juif qui voulait faire la paix avec les Palestiniens… Quelle triste ironie !

 

Vous écriviez déjà ?

 

          À l’époque, je rédigeais des petites choses sans importance que je montrais à des copains. Je ne pensais pas écrire un jour des livres. Le Projet Bleiberg est né petit à petit. Sous couvert de divertissement, en écrivant un thriller, j’essaie de placer des choses. Si en écrivant des histoires, j’arrive à donner envie au lecteur d’aller plus loin alors j’aurai réussi. Dans son émission sur France 5, Marina Carrère d’Encausse a dit que Bleiberg « était un livre qui rendait plus intelligent », je ne me permettrai pas d’avoir cette ambition, mais si je peux ouvrir des pistes, alors j’y vais ! Je veux d’abord distraire et divertir, mais je pense que l’on peut s’éduquer aussi en « s’amusant », en prenant du plaisir à lire un thriller.

 

Comment vous êtes vous documenté pour ce livre ?

 

J’ai visionné des tonnes et des tonnes de documentaires sur la Seconde Guerre Mondiale, sur la Shoah, sur les hommes qui ont commis cette abomination.

 

Lesquels ?

 

Je ne peux pas tous les citer, mais je pense à Apocalypse diffusé sur France 2 en 2009 avec le commentaire dit par Mathieu Kassovitz. Il y a aussi Conspiracy, un film avec Kenneth Branagh qui raconte les coulisses de la conférence de Wannsee qui a lancé la Solution Finale en 1942. Ce huis clos montre la psychologie des chefs nazis, leur approche industrielle de l’élimination des Juifs, mais aussi des Tziganes… J’ai visionné aussi beaucoup de documents et de vidéos sur Heinrich Himmler, le chef de la Reichsführer SS qui apparaît dans Le Projet Bleiberg et Adolf Hitler. Je voulais étudier sa gestuelle, son comportement pour nourrir mon intrigue et être au plus proche de la vérité. Parmi tout ce que j’ai vu, il y aussi cette merveille d’humanité, le témoignage de Simone Lagrange (Moi, petite fille de 13 ans diffusé dans la case Infrarouge sur France 2). Le témoignage de cette femme qui a survécu à Auchwitz a notamment permis de faire condamner Klaus Barbie. Elle dit cette phrase dans le film : « Retiens ta vie. » C’est ce que se disaient les déportés pour survivre. J’ai essayé de la retranscrire dans un des personnages du livre.

 

Vous êtes-vous rendu sur place, par exemple en Pologne ?

 

Non, j’irai un jour à titre personnel. Je n’ai pas voulu non plus interroger des témoins de cette période. Je suis juste un romancier. Je n’allais pas déranger les gens qui ont vécu cette période encore une fois.

 

Pour les personnages du roman qui sont un peu dans l’esprit d’un Jason Bourne (La Mémoire Dans La Peau…) plus que de 007, vous êtes-vous inspiré de comédiens pour les caractériser physiquement ?

 

          Non, je n’ai pas de référence. J’essaie simplement de rentrer dans la tête de mes personnages quels qu’ils soient pour comprendre leurs motivations. Je me suis beaucoup investi dans celui d’Ethan (le tueur du Mossad) pour essayer de piger sa mentalité. C’est d’abord un survivant.

 

Le Projet Bleiberg s’achève sur une pirouette. Quelle en sera la suite ?

 

Le Projet Shiro qui se passera en Chine et s’intéressera aux exactions de l’Unité 731 (Nana-san-ichi Butaï) de l’Armée Impériale Japonaise. Son histoire est peu connue en Europe, mais elle a dépassé parfois les nazis dans l’horreur en expérimentant sur des cobayes humains. Elle était dirigée par Shiro Ishii, un médecin militaire qui, après la guerre, couvert par les Américains, a vécu une petite vie parfaitement tranquille. Il avait donné ses résultats en échange de l’immunité (Les victimes de l’Unité 731 sont estimées entre 3 0000 et 10 000). Ceux-ci servent dans beaucoup de technologies dont nous nous servons encore aujourd’hui. Après Le Projet Shiro, j’ai prévu un 3e volet dont je ne révèle pas encore le titre. Il en dirait trop sur le contenu.

 

Vous êtes un « jeune » romancier et pourtant en quelques mois vous avez publié coup sur coup deux livres remarqués, Les Vestiges de L’Aube, une histoire de vampires pas si classique, puis Le Projet Bleiger, un thriller naviguant entre la Seconde Guerre Mondiale et la crise économique actuelle. Comment un ancien rugbyman devient auteur ?

 

Le premier souvenir, c’est un livre-disque que l’on m’avait offert quand j’avais 9 ans avec la tirade du nez de Cyrano de Bergerac. Cette « histoire », son pouvoir m’a fasciné. En parallèle du sport que je pratiquais à haute dose, j’ai commencé par rédiger des portraits de mon entourage. Puis j’ai travaillé comme journaliste stagiaire à l’Agence France Presse avant de devenir concepteur/rédacteur dans la publicité. Écrire est devenu mon métier. Mais, moi je voulais raconter des histoires. Au moment de m’y mettre, je me disais toujours : « On verra plus tard. » Et puis c’est venu…

 

Quels sont ceux qui vous ont aiguillé dans cette voie ?`

 

Le scénariste Serge Le Tendre dont j’admirais La Quête de l’Oiseau du Temps, une bande dessinée qui est aussi un extraordinaire roman, un graphic-novel sur les dessous de l’âme humaine, le thème de la rédemption. Beaucoup de choses qui me sont chères. Je l’ai rencontré par hasard dans un bar à Rennes sans savoir qui il était. C’est devenu un ami, quelqu’un auprès de qui je me suis beaucoup référé pour  peaufiner Le Projet Bleiberg. Il y aussi Gilles Le Goffic, un professeur de français qui exerce toujours. Il m’a donné l’envie de plonger dans l’écriture. Gilles a supervisé les corrections de texte du Projet Bleiberg. J’ai réussi à les embarquer tous les deux dans cette équipée.

 

Avec son découpage, son rythme, Le Projet Bleibergest très cinématographique. Etais-ce à dessein ?

 

Le cinéma fait partie de ma culture. Quand j’écris, je visualise d’abord les scènes, je joue beaucoup avec les codes de narration du grand écran. Le critique et libraire Gérard Collard de La Griffe Noire a dit, je crois, qu’il y avait tout dans Le Projet Bleiberg pour faire un film. Si un producteur se décide, je saute à pieds joints… Je suis aussi très influencé par les grands maîtres anglo-saxons que sont Dennis Lehane et Roger J. Ellory. J’ai commencé Seul Le Silence… Quel livre ! Et en plus, je l’ai rencontré. Ce type est tout simplement adorable.

 

Est-ce à dire que vous avez déjà été contacté pour une adaptation grand écran ?

 

Disons qu’il y a des choses qui peuvent se produire… Quelqu’un à Los Angeles qui s’intéresse de près au Projet Bleiberg. Et quelqu’un aussi en France !

 

Vous êtes Breton, vous vivez à Rennes. Est-ce qu’il existe une « scène » locale ?

 

À Rennes, autour des Editions Critic, nous sommes quelques-uns à se suivre, à s’épauler. Il y a Lionel Davoust le machiavélique (La Volonté du Dragon), Thomas Geha le poète (le diptyque Sabre de Sang), et l’injoignable Justine Niogret (Chien du Heaume, prix Imaginales 2010), et… Moi. Nous nous sommes très ironiquement auto-baptisés « Les 4 Fantastiques ». Avec mon physique de brute épaisse, je passe forcément pour La Chose, Lionel est Mr Fantastic, Thomas serait La Torche Humaine, et Justine… Evidememnt, la Femme Invisible. Il nous reste à trouver un Spiderman puisque chez Marvel Comics, il gravite toujours autour de ces quatre-là.

 

Quelques jours après sa sortie, Le Projet Bleibergs’est classé numéro 1 des ventes sur Amazon. Qu’est-ce que vous avez ressenti ?

 

Il ne faut rien exagérer. Cela n’a pas duré très longtemps, mais quand même se retrouver devant Ken Follet ne serait qu’une journée, je vous laisse imaginer. Pas longtemps d’ailleurs ! Le soir de cette nouvelle, ma femme n’a même pas eu besoin de me dire de sortir les poubelles. J’ai changé la litière du chat comme d’habitude. L’important, c’est le livre. Un lecteur heureux, et je suis heureux.

 

Qu’en est-il de la suite des Vestiges de l’Aube, votre tout premier roman sorti au printemps 2010 ?

 

Elle se prépare aussi. Après la Côte Est des Etats-Unis, le 2e tome se passera du côté de Los Angeles. Le titre aura quelque chose à voir avec le Pacifique.

 

 

 

Propos recueillis par Frédérick Rapilly

 

 Pour commander Le Projet Bleiberg

 * www.critic.fr

Téléphone : 02 23 20 24 98

 * www.lagriffenoire.com

 

 

 


 


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Mic 29/10/2010 17:40


Bonjour Thrillermaniac,

Etant en ce moment en vacances, je profite de surfer sur la toile. En m'arrêtant sur le blog de Oncle Paul, je viens juste de découvrir ton ou votre blog THRILLERMANIAC. Quelle découverte! je vais
pouvoir tranquillement le parcourir par petites touches, et vais d'ailleurs le mettre dans mes liens sur mon blog. Certains jours comme cela nous réservent de belles surprises. Merci, Amitiés, MIC.


thrillermaniac 11/11/2010 14:54



Merci...



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