Bernard Minier / M, le bord de l'abîme

... C'EST QUOI L'HISTOIRE ?

De nos jours, ou quasi tout comme… Les flics de Hong Kong, métropole rétrocédée à la Chine en 1997, sont particulièrement à cran. Un tueur en série se servant de délicieux objets, de simples tiges de métal, s’en prend à des jeunes femmes. A chaque fois, des meurtres spectaculaires, et des sévices de plus en plus intenses. Les points communs des victimes ? Elles étaient jeunes, belles, accros aux drogues récréatives et toutes liées de près ou de loin à Ming, l’équivalent en Asie de Facebook ou d’Apple. Une société qui parachève la mise au point de « Deus », une interface révolutionnaire. Avec à sa tête un mogul chinois, ancien de l'Armée Populaire. Un type aux manières étranges, insaisissable, dont le fils se prend pour une vedette de cinéma en cultivant ses abdos tout en conduisant une Lamborghini dans les rues étroites de la ville. C'est dans ce contexte que débarque littéralement Moïra, une française surdiplômée, recrutée à prix d'or pour peaufiner "Deus." A peine arrivée, la jeune femme reçoit un avertissement l'enjoignant à fuir Hong Kong au plus vite. Sera-t-elle la prochaine ciblée ? Ou Moïra aurait-elle son propre agenda, et dissimulerait aussi des secrets qui remonteraient à son enfance, à sa naissance ?

 

... ET C'EST COMMENT ?

 

Inspiré, Bernard Minier fait de la grouillante Hong Kong un quasi personnage, jouant avec les codes des films d’action, notamment ceux du cinéaste Johnnie To (Drugwar, Vengance, Election) ou encore ceux d'Andrew Lau et Alan Mak (Infernal Affairs, Infernal Affairs II, Infernal Affairs III). On sent dans chaque début de chapitre le soin qu'il apporte à retranscrire l'ambiance de la ville, par petites touches, comme pour imprégner le lecteur de l'esprit du lieu. D'ailleurs, l'auteur précise dans les remerciements qu'il a bien séjourné là-bas tout en digérant une masse d'informations impressionnantes concernant les réseaux sociaux, les avancées technologiques et les impacts au niveau social et humain. Résultat, on obtient un roman noir, inquiet, terrifié, s’interrogeant sur l’emprise toujours plus grande du numérique dans nos vies. Le final est juste un peu pompier dans son escalade, convoquant les éléments pour en rajouter dans le spectaculaire

Frédérick Rapilly

 

Cote d'amour = 80 %

Thriller. XO Editions, 576 pages, 21,90 E

Bernard Minier / M, le bord de l'abîme
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Personnaly © 2014 -  Hébergé par Overblog