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Thrillermaniac

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Ce blog est consacré aux polars, thrillers et romans noirs, français ou étrangers. Je publie aussi régulièrement des interviews d'auteurs. Coups de coeur, et parfois (c'est rare !), coups d'aigreur. N'hésitez pas à me laisser des commentaires ! ;-)


(Quai du Polar 2017) Maud Mayeras : "Le cinéma d'horreur est une source d'inspiration intarissable..."

Publié par thrillermaniac sur 22 Mars 2017, 18:35pm

Catégories : #Polar, #Suspense, #Thriller, #Auteure

Maud Mayeras (France) est l'une des invitées de Quai du Polar 2017 parmi plus de 100 auteurs conviés.

INTERVIEW. Chevelure aile-de-corbeau, peau d’albâtre… A scruter ses photos sur Internet, on imaginerait bien Maud Mayeras en petite sœur de Siouxie Sioux, la grande prêtresse gothique du groupe Siouxie & The Banshees. Mais si l’auteur d’Hématome (2006) et Reflex (2013) apprécie la musique (elle m’a fait découvrir Ben Howard avec le folk minéral de Oats in the water), c’est avec son écriture percutante, abrasive, striée de violentes secousses, que cette Limougeaude, amatrice de tatouages, envoûte des lecteurs de plus en plus nombreux. Voilà l’interview à laquelle elle a accepté de répondre. Précision… Par mail.

Est-ce que tu te souviens du premier livre qui t’ait vraiment marqué ? Quel scène t'avait-marqué en particulier ?

Je devais avoir huit ou neuf ans, c'était L'Histoire d'Helen Keller de Lorena Alice Hickok (une auteure américaine, journaliste, connue notamment pour avoir été très proche d’Eleanor Roosevelt, femme du Président Franklin D. Roosevelt). Un peu jeune pour une telle lecture, avec le recul. L'histoire d'une fillette, née sourde et aveugle, comme emmurée. Un choc. La scène la plus marquante est certainement celle où Helen touche la gorge de sa gouvernante pour "sentir" le son. Un chapitre très fort.

Etais-tu une petite fille ou un adolescente qui racontait déjà des histoires aux autres ?

Non. J'étais plutôt timide. Je ne racontais pas d'histoire, je ne savais même pas mentir. J'écrivais, je disais que je voulais écrire pour les autres. Raconter en silence, c'est mon truc.

Si je t'en donnais la possibilité, quel livre aurais-tu aimé avoir écrit ?

Il y en a tellement... Shining de Stephen King probablement. Pour l'impact, et pour les portes qu'il a ouvertes à l'imaginaire de tous.

Et quel genre d’élève étais-tu, en particulier en cours de français ?

Plutôt sage. Très assidue. J'aimais l'école je crois. La seule chose qui me faisait bondir, c'étaient les injustices, je partais au quart de tour.

Te souviens-tu de tes notes au bac de français ?

J'ai une mémoire terrible. Je ne sais plus, quelque chose comme 14 à l'écrit et 11 ou 12 à l'oral… Je crois, pas la gloire en tout cas. Les textes "classiques" m'ennuyaient profondément. J'ai eu la moyenne, c'est tout ce qui comptait.

As-tu fait des études littéraires par la suite ?

J'ai voulu, un temps. Et puis je me suis tournée vers les langues, et j'ai voulu travailler, et j'ai voulu faire autre chose, et j'ai fais encore autre chose. Impulsive? Absolument pas.

Où écris-tu ?A quoi ressemble ton bureau ? Peux-tu décrire la pièce, ce que tu vois aux murs ? As-tu une fenêtre qui ouvre vers l'extérieur ?

Quand écris-tu ? Quels sont tes rituels, tes habitudes d’écriture ?

J'aime écrire le matin, installée sur mon canapé, avec un café et quelques petites sucreries.

As-tu des habitudes d'écriture très établies ?

Des auteurs comme Paul Colize ou Bernard Minier se fixent des règles très personnelles d'écriture, comme de ne pas commencer un chapitre par : "Et..." As-tu ce genre de "fixettes" ?

Je crois que j'en ai une, à laquelle j'essaie vraiment de me tenir. Je ne glisse jamais de « didascalie » dans mes dialogues… « dit-il », « cria-t-elle », « vociféra-t-il. » Je n'y arrive pas. J'essaie de donner le ton rien qu'avec le récit. Ce n'est pas forcément simple, mais j'aime bien m'imposer ce genre de choses.

Quand tu écris, est-ce que tu imagines d’abord les scènes et ensuite tu vas les valider avec des spécialistes ? Je pense aux scènes de crime dans Reflex...

Quand j'ai une scène en tête, je me renseigne d'abord auprès de personnes de confiance, pour la SuperDuke d'Iris (la moto avec laquelle l’héroïne de Reflex, Iris Baudry, photographe à l’Identité Judiciaire se déplace, ndlr) par exemple, ou pour la scène de toilette de sa mère, à l'institution Bellevue. Je me renseigne aussi seule, je fais des recherches, je laisse l'imagination empirer le tout, et je lance la machine.

Est-ce que tu prends des notes, des photos ?

Oui, au maximum, même si je ne les regarde pas forcément après les avoir prises. Le fait de noter ou de photographier me permet de ne pas oublier.

Est-ce que tu écris en musique ? Et si, oui... Lesquelles ? Est-ce qu'à chaque chapitre correspond une ambiance musicale particulière ?

Oui, c'est même souvent indispensable. Je privilégie les albums calmes, qui prêtent aux rêveries. En ce moment, il y en a trois qui tournent en boucle.

Quand tu commences une histoire, connais-tu forcément la fin ?

Je connais "une" fin, qui changera au fur et à mesure du récit. J'ai besoin de baliser le terrain avant de lancer la machine, c'est indispensable, pour donner de l'élan à l'histoire. Mais la ligne d'arrivée change de couleur, d'endroit, de son, elle se recalibre avec l'histoire.

Es-tu du genre à tapisser ton bureau de post-it pour visualiser le déroulé de ton récit ? Ou utilises-tu un logiciel genre Mind Mapping ?

J'ai essayé les deux, j'ai un Master I "Bureau-en-bordel". Mais j'ai besoin de centraliser, je fonctionne plus avec calepin, document Word unique, ou Evernote.

Est-ce, comme Frank Thilliez, tu étais du genre à regarder des films d'horreur et à te faire peur la nuit ?

Je « n'étais » pas, je suis toujours. Le cinéma d'horreur est une source d'inspiration intarissable. Je suis toujours à la recherche de la bobine qui me fera frissonner, qui me fera vraiment peur. Qui me clouera au canapé. En fait, les cauchemars sont la meilleure des inspirations. Ce ne sont pas que des images qui restent imprimées, ce sont des sensations, des souvenirs, autant de peintures à retranscrire.

Quand tu crées tes personnages, t’inspires-tu du physique ou de traits de caractère de gens dans ton entourage ?

Rarement, j'ai besoin de les créer de A à Z. A l'inverse, j'aime leur donner des noms de personnes que je connais. C'est drôle de les associer à des personnages qui ne leur ressemblent pas forcément.

Et toi ? De quel façon es-tu présente dans tes livres ? Es-tu présente dans tes personnages ? De quelle façon ?

Forcément, je pense que l'écriture est une vraie mise à nu. Une gueule du matin sans fard. C'est ma peur qui sort de la bouche d'Iris, mes angoisses (voilà pourquoi j'ai choisi des personnages féminins pour les deux premiers romans). J'ai besoin de m'immerger parfois, d'imaginer ce que les personnages peuvent ressentir physiquement. Je me dis que ça doit être la même chose pour les acteurs qui doivent jouer un rôle difficile. Tu t'investis, tu serres les dents et les poings, et tu décris la façon dont ça peut te faire mal.

Si tes livres étaient adaptés pour la télé ou pour le cinéma, qui verrais-tu pour incarner les personnages que tu as imaginé ?

La seule qui ait jamais eu un visage concret, c'est Iris. Elle est (et a toujours été) Asia Argento.

Avant de te lancer dans ton premier roman (Hématome, Editions Calmann-Lévy 2006), as-tu consulté des méthodes d’écriture ?

Pas vraiment non, j'étais tellement loin de m'imaginer qu'il serait édité! J'ai juste écrit ce qui venait, c'était de l'éclate pure. Comme si j'avais imaginé mon propre film d'horreur. Pas de barrières, pas d'attente. Je n'avais rien à prouver !

As-tu commencé l'écriture de ton 3ème roman ? Peux-tu nous donner le titre, et un peu de l'intrigue ?

Terrain balisé, écriture lancée depuis quelques jours seulement. Le titre provisoire est Lux, et l'intrigue, je la garde pour moi! Je vais explorer des marécages inconnus...

Propos recueillis via mail par Frédérick Rapilly (février 2014)

  • Hématome, Calman-Lévy (2006) / Livre de Poche (2007)
  • Reflex, Editions Anne Carrière (2013)
(Quai du Polar 2017) Maud Mayeras : "Le cinéma d'horreur est une source d'inspiration intarissable..."

Ben Howard - Oats in the water

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Film streaming 20/05/2014 22:00

bon film :)

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